J’ai appris hier la mort d’une amie avec qui j’ai travaillé pendant une petite décennie… Avec qui j’ai sué sang et eau pendant cette décennie… Que j’ai assistée (voire suppléée dans certains cas) pendant mon emploi le plus long.

Et ça tourne, un peu. Ça faisait un moment qu’on ne s’était pas parlé, j’avais appris l’été dernier qu’elle allait mal en appelant chez elle – ce qui m’avait dissuadé d’aller la voir.

La fine équipe que nous étions, nous avons vécu des choses intenses, qui ont finalement été foulées au pied, par ricochet notamment du désengagement politique en ce qui concerne la culture. J’ai l’impression d’un énorme gâchis. Qu’elle méritait, que nous méritions de voir porter haut, là et ailleurs, les couleurs du spectacle vivant. Qu’il est injuste que ce qu’on porte avec conviction, quels que soient l’énergie, le temps, la santé qu’on y sacrifie, ne trouve pas forcément de relais, voire s’abîme dans l’indifférence générale.

J’aimais ce bout de femme entêté. Je hais la cigarette qui l’a tuée. Je déteste ne pas pouvoir repenser avec fierté à ce qu’elle accompli avec l’équipe à laquelle j’appartenais.

Je me tais, tiens…