Pour moi je crois que c’est devenu évident à l’adolescence, lorsque, pour la première fois, il me fallut prendre le terrible car scolaire pour atteindre le lointain collège. Une hiérarchie bien établie organise l’ensemble, qu’il serait fort hasardeux d’ignorer. Au fond les caïds, à l’avant les premiers rentrés, entre les deux la populace anonyme qui pue des pieds sans élégance[1].

Il est à noter cependant qu’on choisit d’autant plus sa place qu’on est amené à utiliser régulièrement le même mode de transport ; j’ai même le sentiment qu’on choisit sa file d’autoroute quand on fait souvent le même trajet périurbain. Tout ça n’est sans doute finalement qu’un avatar du besoin de routine qui nous empoussière l’âme jour après jour.

Demain commencent les vacances d’été ; demain commence notre quête du Graal Ronan. Je n’ai pas de noix de coco, mais le cœur y est ; je pavoiserai ma fidèle destrière de sa plus belle laisse, et l’écuyer et moi prendrons le train, vers cette petite ville frontalière où nous avions nos habitudes, son daron et moi, quelques vingt ans en arrière.

Je compte bien aussi en apprendre plus sur la mère du Castor… Le têtard n’a pas été fichu de mettre la main sur la moindre photo de sa génitrice et à part que c’est – ce qui n’a rien d’étonnant – la plus belle de tout le monde entier, je suis singulièrement dépourvu d’informations à son sujet.

Nous avons opté pour jouer à l’oncle et au neveu pour le voyage. Ça nous paraît le meilleur moyen de ne pas immédiatement attirer l’attention et risquer que la police, alerté par un citoyen exemplaire, ne mette un terme prématuré à l’expédition. Je compte bien aussi sur Cunégonde pour établir notre alibi ; aucun assassin de petits n’enfants ne voyagerait avec un chien en plus de sa future victime.

Seul W. C. Fields pourrait soupçonner de vilenie un homme ayant toutes les apparences de la banalité, accompagné d’un enfant et d’un chien dans le train, non ?


Nous devons l’amorce du jour à Agaagla, qui n’a pas hésité à jeter nos protagonistes sur les routes hasardeuses, mais à l’origine, la sociologie des transports en commun avait été établie par Franck – la coupure était bien choisie, et je ne regrette pas de m’être abstenu du plaisir de relire le billet de Franck avant d’écrire le mien.

Ayant déjà lancé mes neurones sur la piste de cette amorce, j’ai laissé de côté la proposition haute en couleurs de Titi :-D

Je ne suis pas sûr de récupérer une connexion avant dimanche (et ce billet est programmé, j’espère que vous l’aurez bien vendredi soir ^^ ), donc ne vous étonnez pas si je ne réagis pas tout de suite à la vague de commentaires qui va submerger le blog ;-)

À bientôt les aminches !

Notes

[1] puer des pieds avec élégance reste un plaisir de gourmet